« Ce qui est auprès de Dieu est meilleur et plus durable. » Ainsi parle Cheikh Al-Hadj Omar Foutiyou Tall en refusant l'or qu'on lui offrait. Il n'a encore rien demandé, et déjà tout s'ouvre devant lui. À Sokoto, l'émir Bello se lève de son trône pour l'asseoir à ses côtés et le sert de sa propre main. Au Bornou, le savant-roi al-Kanemi l'accueille non comme un voyageur mais comme un frère, une lettre l'ayant annoncé avant même son arrivée. Dans le Sahara et le Fezzan, une simple prière réveille un souvenir enfoui depuis vingt ans, et l'or retrouvé est aussitôt refusé.
Puis vient Le Caire, que rien dans tout le voyage n'avait préparé à affronter. Là, plus personne ne le reconnaît d'instinct : il faut répondre, encore et encore, aux dizaines de savants d'al-Azhar réunis de l'aube à midi — jusqu'à ce que même ceux qui l'interrogent n'osent plus prendre leur tour. « Alors dis-nous ton nom, cheikh » : c'est la seule chose qu'il consent à donner. Ce pèlerinage par la terre, à travers le Sahara — rare pour un savant d'Afrique de l'Ouest à cette époque — lui a ouvert le monde musulman et fondera, au retour, toute son autorité.
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